14-18 : un pas vers l’UNESCO

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le dossier présenté par Serge Barcellini a séduit le comité des biens pour la France à l’Unesco. Photo Franck LALLEMAND

Jeudi soir, le Comité des biens de la France à l’Unesco (émanation du ministère de la Culture et de l’Environnement) a inscrit, sur la liste française des projets éligibles au Patrimoine mondial de l’Humanité, 80 sites de 14-18 se trouvant dans une douzaine de départements le long du front ouest. « Nous sommes très heureux d’avoir franchi cette étape capitale, même si elle n’est pas décisive. Nous devons maintenant finaliser notre dossier et convaincre la France ou la Belgique de déposer le dossier devant l’Unesco pour obtenir ce classement au Patrimoine mondial. En effet, notre projet est franco-belge et concerne 105 biens avec les 25 belges. C’est une association qui le porte mais un État qui le présente. Sur la liste du comité français, il y a beaucoup d’autres projets et un pays ne peut pas présenter plus de deux dossiers par an. Néanmoins, nous avons bon espoir d’aller rapidement devant l’Unesco et d’aboutir en 2018. Notre démarche a le soutien du Président de la République, François Hollande, comme il l’a indiqué dans son discours du 7 novembre », explique Serge Barcellini. Conseiller de Kader Arif, ministre des Anciens combattants, secrétaire général de l’association « Paysages et sites de mémoire de la Grande Guerre », il travaille sur ce dossier depuis plusieurs années avec Christian Namy, le sénateur président du conseil général de la Meuse. Ce dernier co-préside avec Yves Daudigny, sénateur président du conseil général de l’Aisne, l’association dont Jean-Paul Vinchelin (CG54) est vice-président.

L’Allemagne dans le dispositif

Faute de pouvoir retenir les 750 km de la ligne de front, l’association a ciblé les sites les plus emblématiques, dont 22 en Lorraine et 2 en Franche-Comté. En Lorraine, on recense notamment les principaux sites de la Bataille de Verdun (Zone rouge, l’Ossuaire et la nécropole de Douaumont, les forts de Douaumont et de Vaux…), le Saillant de Saint-Mihiel (Meuse et Meurthe-et-Moselle). La Franche-Comté est notamment concernée par la tombe du caporal Peugeot, le premier mort français de la Grande Guerre. « Les biens sont protégés et sont tous gérés par des États, des collectivités ou des associations avec des missions de service public. La force de notre dossier est qu’il regroupe des lieux de mémoire et de sépultures représentant 80 nations et la dimension franco-allemande. Nous ne pourrons gagner que si on est international et que l‘on tient compte de l’évolution du monde. Ainsi, nous avons intégré des nécropoles allemandes », ajoute Serge Barcellini.

« 14-18, c’est l’égalité devant la mort »

Avant l’annonce du Comité des biens de la France, il a subi devant les 35 membres, dont l’ambassadeur de France à l’Unesco, un grand oral pour justifier une démarche pour le moins originale. En effet, le classement au Patrimoine de l’Humanité de sites de guerre ne va pas de soi et l’Unesco ne suit pas le calendrier commémoratif. Paradoxalement, c’est la mort de masse qui justifie le classement : « Cela dépasse le Centenaire ou le 70e anniversaire du débarquement dont les plages ont aussi été retenues par le Comité. Notre dossier s’inscrit dans l’Histoire et s’appuie sur le fait que la Grande Guerre a changé le cours de l’Humanité et s’inscrit dans une évolution de la société. Pour que le souvenir de la guerre s’enracine dans les générations, il a été choisi de créer des symboles funéraires. Avant 14, les morts de guerre étaient traités de manière hiérarchique, avec des sépultures dignes pour les officiers et des fosses communes anonymes pour les autres. En 14-18, cela change. On a mis côte à côte les soldats, quel que soit leur grade. La hiérarchie a disparu face à la mort. La tombe du soldat suit la démocratisation de la société. 14-18 constitue un tournant universel en consacrant l’égalité fondamentale des citoyens devant la mort avec l’individualisation des sépultures. Notre ambition est de sauvegarder ces lieux patrimoniaux tout en les inscrivant dans un paysage mémoriel. Cette démarche n’a rien de nationaliste, comme l’illustre l’association très forte avec la Belgique, et la sélection de biens représentant 80 nations, dont l’Allemagne. Pour préserver les sites les plus importants et assurer une cohésion, un développement et une pérennité, ce classement est fondamental. C’est aussi une garantie de visibilité internationale et d’avoir plus de touristes après le Centenaire ».

Sébastien GEORGES

Source : http://www.estrepublicain.fr/actualite/2014/01/11/14-18-un-pas-vers-l-unesco-hefn

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