Auprès de leurs camarades

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Les restes de 24 des 26 Poilus retrouvés en mai à Fleury – Devant – Douaumont ont été inhumés hier à la nécropole de Douaumont.

Douaumont. Le ciel est gris, un épais brouillard s’accroche au champ de bataille de Verdun et le froid pique les visages fermés. Au moment où le bourdon de l’Ossuaire de Douaumont retentit, tous les esprits sont envahis par le sentiment, qu’il y 97 ans, l’enfer des tranchées était d’autant plus invivable pour les hommes que la météo présentait ce visage hostile. Cependant, personne n’imaginait une autre atmosphère que celle-là pour ce moment si particulier.

Hier, la France a inhumé 24 Poilus. Un fait extrêmement rare. Certains sont connus, d’autres sont anonymes. Ils sont morts pour la France comme leurs deux camarades d’infortune qui ont rejoint, le 11 novembre, les cimetières de leur village natal en Corse et dans le Bordelais. À leur décès, ces 26 hommes, dont sept ont été identifiés, avaient une vingtaine d’années comme Albert Hennequin, la trentaine comme Jean Peyrelongue ou la quarantaine comme Jean Caillou. Leur histoire est peu commune. Fauchés au combat, ils ont été ensevelis pendant la bataille de Verdun où la terre de Fleury a été mélangée par l’artillerie. Fin mai, 97 ans après, leurs restes sont réapparus.


Dix-sept cercueils

Hier, dix-sept cercueils en bois, on ne peut plus simples, étaient donc alignés sur la Nécropole de Douaumont où reposent 16.000 soldats français tombés pendant la Grande guerre, et plus particulièrement en 1916. À l’ombre de l’Ossuaire.

Ils renfermaient les restes des 24 Poilus de Fleury, plusieurs anonymes ayant été réunis dans la même tombe. À la veille du centenaire de 14-18, l’événement, présidé Isabelle Dilhac, la préfète de la Meuse et les principales autorités militaires du grand Est, a marqué tous ceux qui étaient présents. Une émotion partagée et intense lorsque le bourdon de l’Ossuaire rythmait le silence du recueillement dédié à ces hommes devant lesquels les drapeaux tricolores se sont inclinés.

Un hommage de la Nation marqué seulement par la lecture par la préfète d’un court texte de Kader Arif, le ministre des Anciens combattants qui n’avait pas pu se déplacer. « Ils sont le symbole du sacrifice et de l’héroïsme des 1,4 million de soldats morts au cours de ce conflit. À l’heure où tous les derniers combattants de 14-18 ont disparu, il est important de pouvoir rendre hommage à tous les morts, d’honorer leur mémoire et de commémorer ensemble cette histoire. Cette cérémonie d’inhumation nous y invite », affirme Kader Arif, attendu sur les tombes le 21 février, date du début de la bataille de Verdun.

Dix-sept personnes suivent avec une grande émotion la descente de chaque cercueil dans la fosse face à une croix blanche. Ce sont les petits-enfants et les descendants de Jean Peyrelongue, mort à Fleury. Venus de Nantes, de Charleville, du pays basque et notamment de Briscous, village d’origine du Poilu, ils ont fait spécialement le voyage. Seul regret l’absence d’un petit-fils, qui n’a pas été libéré par l’école militaire de Saintes pour assister à cette cérémonie pourtant militaire… « Je ressens beaucoup d’émotion. Nous l’avons tant cherché avec mon père. On savait qu’il était mort à Fleury mais ce qui s’est produit cette année était impensable. Aujourd’hui, il fallait que l’on soit là », racontent, les larmes aux yeux, Josette Morel, venue avec sa fille et sa petite-fille. Sa cousine Madeleine Hirigoyen « regrette que nos pères soient morts sans connaître ce moment ».

Un peu plus loin, un groupe de jeunes de 17 à 19 ans vivent tout aussi intensément cet instant. Ils sont allemands. En visite à Verdun, ces élèves d’une école proche de Francfort partagent l’émotion : « C’était très impressionnant. C’est une grande chance pour nous d’avoir pu venir aujourd’hui ici. On voit que les soldats sont traités avec grand respect. C’est très important, surtout aujourd’hui où la France et l’Allemagne sont amies après avoir été ennemies et s’être déchirées sans véritable raison ».


Sébastien GEORGES

Source : http://www.estrepublicain.fr/actualite/2013/12/06/aupres-de-leurs-camarades

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