« Il faut savoir s’arrêter »

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Bernard Boissé lors de sa prise de fonctions en 2011. Photo Franck Lallemand

Président de la Fondation de l’Ossuaire depuis 2011, Bernard Boissé a décidé de passer la main. Comme il l’avait dit depuis le premier jour.

«C’était connu depuis le début ». Dans le bureau de son domicile verdunois, Bernard Boissé sourit et rappelle les faits. En février 2011, il succède à l’emblématique Hubert Mangenot. « Il lui restait deux ans à faire », confie le colonel Boissé qui avait dit qu’après il réfléchirait. « Quand je me suis présentée à la préfète, elle m’a dit que ce serait trois ans. Pour la durée des travaux », poursuit-il.

À 81 ans, il pense à l’avenir : « Pour l’instant tout va bien, mais à cet âge-là tout peut basculer rapidement ». Alors pas de risque, même pas pour atteindre le Centenaire de la Bataille : « Ça me ferait deux ans de plus. Il faut savoir s’arrêter, ne pas vouloir s’accrocher à tout prix pour les honneurs. Ce n’est pas ma tasse de thé. Et puis, je ne suis pas tout seul dans la vie, j’ai une épouse ! »

Il revient sur ces trois ans : « J’ai eu deux missions à mener. Et compte tenu du peu de temps, il a fallu les mener avec rigueur ». Les travaux d’abord : « Ça s’est bien passé. J’avais déjà mené des chantiers en tant que militaire. Ce que je ne connaissais pas, c’étaient les dispositions administratives pour le maître d’ouvrage. En fait, il est responsable de tout et ne peut déléguer ! Il fallait donc mettre en place une méthode. Je ne pouvais pas tout faire. J’ai partagé avec le directeur. Je m’occupais des relations avec les financeurs et lui avec les entreprises. C’était un travail à 100 % ».

La seconde mission, c’était la gestion de l’Ossuaire. Création des bureaux administratifs, mise en place d’un bureau courrier, adaptation du personnel, restructuration du mode de gestion… Tout y est passé. « J’ai eu la grande chance d’avoir un directeur au top niveau avec une puissance de travail et une discipline intellectuelle. Et tout le reste des employés était impeccable ».

Bien sûr, il y a eu des dilemmes, la gestion des fonds, des tranches de travaux… « Il fallait anticiper en permanence et que les entreprises soient payées à temps ».

Successeur connu le 27 mai

Le 31 mai au soir, le colonel Boissé cessera donc ses fonctions de président. La partie technique des travaux sera terminée ce qui fera de l’Ossuaire, le premier monument du champ de bataille à être prêt pour le Centenaire de la Grande Guerre. Restera la fin de la partie administrative. Mais comme il le dit lui-même : « Ce n’est pas parce que le chef de corps s’en va que le régiment s’arrête. On n’est pas indispensable ».

Son successeur sera connu lors du conseil d’administration du 27 mai. Il sera choisi parmi les douze personnes le composant. D’ailleurs Bernard Boissé quittera, par la même occasion, ledit conseil d’administration : « Ce ne serait pas raisonnable de quitter la présidence et de rester au CA. Ce serait plus ou moins gêner le successeur ».

Il lui reste encore à faire, le 19 mai, une liaison en direct avec la télé japonaise : « L’Ossuaire est le symbole de la réconciliation et il a une résonance mondiale », souligne-t-il. « La grosse tâche du président, c’est que l’esprit de l’Ossuaire ne dérape pas. C’est une sépulture à la grandeur des combattants disparus et il doit permettre aux familles de faire leur deuil et de faire graver une pierre ».

Récemment, la réconciliation a fait un pas de plus avec un nom de soldat allemand gravé sous la voûte. Ce qui a valu les félicitations de François Hollande et d’Angela Merkel.

« Il faut tout faire avec cette notion de réconciliation. La tâche n’est pas facile. Il y a toujours des gens pour critiquer ».

Frédéric PLANCARD

Source : http://www.estrepublicain.fr/meuse/2014/05/14/il-faut-savoir-s-arreter#jimage=C612EEE4-90CA-4E44-B912-F61B665139C5

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