L’hôpital au Sacré-Coeur

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Jean-Max Gettmann et l’une des rares photos de l’hôpital annexe du sacré-Coeur. Photomontage Fred Mercenier

Repères un jour, une histoire – Nancy , en 2014,sera inaugurée une reconstitution de l’hôpital qui accueillit le 16 septembre 1914 les premiers blessés de la Grande Guerre dans la Basilique du Sacré-Coeur

ILS SONT PARTIS en août 14 dans la torpeur de l’été. Pantalons garance, fleur au fusil et certitude naïve d’être rentrés pour les vendanges. Quinze jours après, les mêmes ‘’biffins’’ de 20 ans, petits gars de Lorraine et de France, revenaient hachés par la mitraille allemande, hébétés de douleur, éventrés par le fer brûlant des divisions du Kronprinz. « C’est à ces hommes, mais aussi à ceux et celles, qui, dans la précipitation et sans moyens, ont ouvert le Sacré-Cœur, pour en faire un hôpital, que nous voulons rendre hommage. Il ne fallait pas que Nancy tombe. Alors le Sacré-cœur accueillit, durant toute la Grande Guerre, des milliers de blessés, dont certains ne revinrent jamais dans leur foyer », explique ému, Jean-Max Gettmann. L’enseignant, le gaulliste historique, le catholique fervent ne font plus qu’un lorsqu’il s’agit d’évoquer le collège du Sacré-Cœur.

Hôpital annexe pour les uns, « ambulance » de triage pour les autres, le Sacré-Cœur est une pièce importante du service de santé des armées durant la Grande Guerre. « Le 1er septembre 2014, nous voulons inaugurer la reconstitution au Sacré-Cœur de l’hôpital de campagne. Dans le périmètre de la basilique, l’ensemble scolaire : il y a là une véritable dimension pédagogique et intergénérationnelle », explique l’enseignant en histoire-géo, infatigable animateur du club culturel du Sacré-Cœur.

« Retrouver les descendants des soldats soignés au Sacré-Coeur »

Frapper aux portes du musée du Val de Grâce, faire le siège des archives de Vincennes, retrouver la trace des descendants et des habitants du quartier, qui dans leurs greniers possèdent archives, photos, objets de la Grande Guerre : tel est le creuset, dans lequel Jean-Max Gettmann veut fondre mémoire combattante et réflexion moderne sur l’engagement pour la Nation. Spectacles, expositions, saynètes, présentation de matériels automobiles et hippomobiles, tranchée reconstituée : le projet du Sacré-Cœur est en piste pour obtenir une labellisation officielle et méritée, dans le département, avec l’appui total de la ville de Nancy.

« À partir des dossiers médicaux des anciens de 14-18, passés par le Sacré-Cœur et archivés à Limoges, les enseignants et élèves vont retrouver les descendants et aller plus loin dans la réflexion », prévient Jean-Max Gettmann. L’une des questions de la Grande Guerre, après les offensives de Morhange, de Dieuze, de Sarrebourg et du Grand Couronné, est de savoir comment le conflit a modifié Nancy, redessiné ses contours, son rapport au devoir national. La cité ducale, le général de Castelnau, ami de l’évêque de Nancy, a voulu la protéger coûte que coûte : « Sans la résistance de Nancy, les Allemands passaient par le sud et prenaient l’avantage. Le Kronprinz était tout de même à Champenoux », rappelle Jean-Max Gettmann. Quand le 16 septembre 1914, les premiers blessés arrivent au Sacré-Cœur, c’est un peu l’Église de France qui vient au secours de l’État laïque. Un parfum de cicatrisation hautement symbolique, pour cette guerre, qui cent ans après, reste une plaie sensible du grand roman national.

80.000 morts

De Morhange au Grand Couronné, on considère que la bataille pour défendre Nancy aura fait 250.000 blessés, pour 80.000 morts.

Reconstitution

Le projet de reconstitution de l’hôpital de campagne du Sacré-Cœur s’étend du 1er septembre au 5 décembre 2014.

Documents
Témoignages, bonnes volontés, prêts d’objets et de documents : s’adresser à

clubhistoire1418.sc@hotmail.fr

ainsi qu’au 03.83.40.38.78

Pascal SALCIARINI

Source : http://www.estrepublicain.fr/actualite/2013/11/16/l-hopital-au-sacre-coeur

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