Meuse : elle sillonne les champs de bataille avec son âne

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ioko-arbore-le-drapeau-de-la-bretagne-dont-lui-et-brigitte-sont-originaires-photo-erBrigitte Blot, écrivain-voyageuse sillonne la Meuse avec son âne pour rappeler l’importance de ses animaux durant la Grande Guerre.

Rue de Metz à Verdun. Il est 10 h. Sur la route, voitures et camions. Sur le trottoir : Brigitte et Ioko. Elle a 56 ans, lui 17. Côte à côte, ils marchent depuis le 8 juin au départ d’Apremont-la-Forêt. « C’est là-bas que j’ai laissé mon van et ma voiture pour trois semaines ». Son but : parcourir différents sites de bataille ou les ânes ont été présents et rappeler leur importance durant la guerre de 14-18.

« Des milliers d’ânes ont été réquisitionnés dans les tranchées. Mais on le sait peu car ils ne font pas partie des animaux officiels tels que le pigeon, le cheval, le mulet ou le chien », explique l’écrivain. « Les ânes ravitaillaient les premières lignes en pain, eau et munitions, portaient le courrier et les matériaux pour réparer les tranchées. Grâce à leur petite taille, ils rentraient facilement dans les boyaux, on économisait ainsi des hommes. »

Brigitte avance doucement, c’est Ioko qui rythme le trajet « on fait en moyenne 15 km par jour. » Inutile d’en faire plus avec 40 kg de bardas sur le dos sans oublier le risque de glissade sur le bitume avec les fers. Régulièrement, les gens s’approchent, discutent, proposent à boire « au pire ils ne réagissent pas, au mieux, ils sourient » mais dans tous les cas elle constate que cela fait plaisir de voir un âne. « À ceux qui en ont eu jeune, ceux qui ont fait la guerre d’Algérie ou même les écolos qui se retrouvent dans cette démarche », poursuit-elle. Réconfortant, comme ce devait être le cas dans les tranchées.

Hier soir, Brigitte s’est installée à Douaumont, elle reprendra son parcours demain « le temps de découvrir quelques sites alentours ».

Hôpital pour ânes

Elle a prévu dix-huit étapes en tout avec entre autre Les Eparges, Saint-Remi-la-Calonne, Montsec… « Sans oublier le crochet par Neuville-lès-Vaucouleurs pour voir la fameuse plaque hommage aux ânes financée par Raymond Boissy ». C’est là également qu’avait été installé un hôpital pour âne. « Il a également écrit ‘’L’Âne de gloire’’ qui m’a inspirée. »

Le jour décline. Brigitte installe sa tente tandis que Ioko se roule dans l’herbe fraîchement fauchée. « C’est un animal exceptionnel. On le dit têtu mais s’il se bloque c’est qu’il considère qu’il y a danger », concède-t-elle en le grattouillant. « Il est endurant, calme et je peux l’emmener partout, il ne bouge pas. Il est très curieux, aussi sensible qu’un chien et très attaché à son maître. »

Quand Brigitte ira se coucher, Ioko s’allongera à côté de sa tente « comme le ferait un chien. Et il n’y a pas plus beau spectacle que mon âne couché sous les étoiles. »

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Christine CORBIER

Source : http://www.estrepublicain.fr/meuse/2014/06/17/ioko-ambassadeur-des-anes

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