Murmures autour du bourdon

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Dominique Bollée ( au centre) est monté voir la cloche fondue par son grand-père.

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Dominique Bollée ( au centre) est monté voir la cloche fondue par son grand-père.

Dominique Bollée est le petit-fils de Louis, fondeur du bourdon de l’Ossuaire. En visite privée, il est venu proposer un projet pour le Centenaire.
«C’est quand même émouvant de voir cette cloche. » Tout en haut de la tour de l’Ossuaire de Douaumont, un homme réalise une visite privée du monument en compagnie du colonel Boissé et d’Olivier Gérard, le président et le directeur du lieu. Ce n’est pas n’importe qui. Dominique Bollée est le petit-fils de Louis Bollée, l’homme qui coula le bourdon de l’Ossuaire en 1927.

« Je suis déjà venu une fois, mais c’était il y a 30 ou 40 ans ! », confie Dominique Bollée, huitième génération de fondeur dans cette famille. Le premier a commencé en 1715. Une histoire familiale intéressante et typique des dynasties de fondeurs. « En fait, nous sommes originaires de Haute-Marne, de Breuvannes plus précisément. Il y avait là beaucoup de fondeurs qui apprenaient le métier », poursuit Dominique Bollée. « On était des fondeurs ambulants. Couler une cloche sur place c’était plus simple comme ça. »

Les fondeurs se sont stabilisés « quand les chemins de fer se sont développés », note Dominique Bollée dont la famille s’est finalement installée à Saint-Jean-de-Braye en 1838, « à l’endroit où ils ont fondu leur dernière cloche sur place ».

Un département que connaît bien Mgr Maupu, actuel évêque de Verdun, pour être né à Neuville-aux-Bois, un village distant de 20 km de celui des fondeurs.

Les deux frères Bollée de cette époque ont fini par séparer leur chemin. L’un est resté dans ce village du Loiret pour y fondre des cloches et l’autre est parti au Mans et s’est lancé dans l’automobile. Ils sont restés très liés.

En ce qui concerne le bourdon de l’Ossuaire, qui pèse tout de même la bagatelle d’environ 2.100 kg, il a été baptisé le 19 septembre 1927. Il porte le nom de Louise Anne Charlotte et sa marraine, qui en fit don à l’Œuvre, est Mme Thorburn Van Buren.

Église Sainte-Jeanne-d’Arc
Outre un diapason à la dimension de la cloche apporté pour connaître la tonalité exacte, Dominique Bollée avait un dossier dans son attaché-case. « J’ai amené quelques archives », dit-il. « Je ne l’ai pas là, mais je vais la retrouver : j’ai une photo de la coulée du bourdon avec mon grand-père et Mgr Ginisty en 1927 à Saint-Jean-de-Braye. » Il a aussi une carte postale matérialisant le parcours que la cloche a fait avant d’arriver à l’Ossuaire : Soissons, Reims, Châlons, Nancy, Metz, Bar-le-Duc, Saint-Mihiel et Verdun.

Un bourdon dont on a gardé le souvenir dans la famille Bollée qui a réalisé aussi « les trois cloches de l’église d’Oradour-sur-Glane », ainsi que les sept cloches de la basilique Notre-Dame-de-la-Paix de Yamoussoukro en Côte-d’Ivoire. À Verdun la maison Bollée a fondu les cloches de l’église Saint-Jeanne-d’Arc de la Cité Verte.

Le bourdon de l’Ossuaire, lui, installé à près de 46 mètres de hauteur, sonne pour les cérémonies mais aussi trois fois par jour… depuis 1927.

Frédéric PLANCARD

Source : http://www.estrepublicain.fr/meuse/2014/02/17/murmures-autour-du-bourdon

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