Réconciliation au cœur de l’ossuaire

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La fanfare de l’association des vétérans bavarois a également animé cette cérémonie. Photo Franck LALLEMAND

« Pour les jeunes générations , la réconciliation franco-allemande est une évidence. » Pius Graf est très ému. Le président de l’association des vétérans bavarois de Rosenheim, située au Sud de Munich, est venu hier à l’Ossuaire de Douaumont en compagnie de 650 membres de son association pour un pèlerinage avec au programme, un temps de prière avec lecture biblique, bénédiction et un dépôt de gerbes. « Chaque année, nous effectuons notre pèlerinage », commente Pius Graf. « L’an dernier, nous étions en Croatie, il y a deux ans, en Italie, près du lac de Côme. Cette année, comme c’est le centenaire de la Grande Guerre, nous venons nous recueillir à l’Ossuaire de Douaumont pour rendre hommage aux combattants français et allemands. De nombreux membres de notre association, qui compte en tout 20.000 personnes, ont été émus en découvrant la pierre gravée au nom du soldat allemand, Peter Frunden, car il est né à Hoenlinden près de Munich. »

Cette lecture biblique et cette bénédiction ont constitué un moment très fort. Imaginez près de 700 personnes (si l’on ajoute les autorités françaises) réunies sous la grande nef de l’Ossuaire, mais aussi dans la chapelle, l’office religieux étant dit juste au centre de l’édifice.

À cet endroit, l’évêque de Verdun, Mgr Maupu, est aux côtés du prélat allemand Mgr Günter Lipok. L’office qui n’est pas une messe puisqu’il réunit des catholiques, mais aussi des protestants et des orthodoxes, est dit en latin et dans les deux langues, française et allemande. Aux côtés de Pius Graf, le colonel Frank Fischer, l’attaché militaire auprès de l’ambassade d’Allemagne, mais aussi le président de l’Ossuaire, le colonel Bernard Boisset, le député de la Meuse, Jean-Louis Dumont, Jean-Pierre Laparra, le maire de Fleury-devant-Douaumont, Sylvaine Vaudron, maire de Douaumont, mais aussi Alain Perello, président de l’Office national des anciens combattants représentant la préfète de la Meuse, Isabelle Dilhac, sans oublier Maurice Michelet, venu lui au nom du Souvenir français.

Chapelet de la réconciliation
Car l’organisation de cet événement a été très rapide et n’a pas permis à toutes les autorités d’être présentes à ce rendez-vous historique.

C’est en effet la toute première fois que 650 Allemands ont célébré la réconciliation franco-allemande au sein d’un édifice construit en hommage aux Poilus, mais qui abrite les ossements de soldats français et allemands.

Un moment d’autant plus fort que durant la célébration, Mgr Lipok a remis à l’Ossuaire un chapelet. Et pas n’importe lequel : « En 1915, deux soldats allemands s’aperçoivent et sont prêts à se tirer dessus, mais tous deux portent un chapelet », dit Mgr Maupu. « Au lieu de se tuer, ils s’échangent leur chapelet avant de rejoindre leurs camarades. C’est ce chapelet remis par le Poilu français à son adversaire allemand que Mgr Lipok m’a remis. »

Pascal ISCH

Source : http://www.estrepublicain.fr/meuse/2014/04/26/reconciliation-au-coeur-de-l-ossuaire#jimage=6233E6ED-557C-4EE3-ACD3-354D82168CE5

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