Rendez-vous avec l’Histoire

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En cette année de centenaire de la Grande Guerre, la rencontre entre le champ de bataille de Verdun, Douaumont et le Tour de France semblait incontournable. D’autant plus que le Tour s’est associé aux célébrations en ponctuant les étapes de la première semaine par des passages le long du front de la Grande Guerre. La journée d’hier sur la route de Nancy était néanmoins particulière car c’était la seule où le peloton du Tour traversait des lieux de mémoire.

Hier, ce rendez-vous entre ces deux éléments du patrimoine de la France a été à la hauteur et digne du symbole universel que représentent l’un et l’autre. Par le choix de la direction du Tour de France de respecter le lieu d’une des plus grandes batailles de 14-18, reconnu internationalement comme un site emblématique de la boucherie de la Grande guerre mais aussi de la réconciliation franco-allemande. Par une cérémonie rapide mais intense présidée par le secrétaire d’État aux anciens combattants et à la Mémoire, Kader Arif.

Plusieurs centaines de personnes, dont des étrangers ne s’y étaient pas trompés. Elles avaient choisi Douaumont pour assister au passage du peloton et d’abord de la caravane. En toute connaissance de cause puisque la caravane s’est tue et n’a pas distribué le moindre objet promotionnel.

Le long de l’Ossuaire, sur les chars aux mille couleurs, les animateurs du Tour de France affichaient des visages surpris, visiblement marqués par les milliers de croix de la nécropole nationale et par la taille de l’Ossuaire. Ceux qui n’avaient pas compris la raison du passage dans un silence respectueux seulement rompu par le ronronnement des moteurs ont alors saisi le sens de la décision du Tour de respecter à sa façon le champ de bataille de Verdun, lieu de morts pour de nombreux soldats français et allemands.

Personne ne reste insensible à Douaumont. Monstres de puissance, d’endurance et de muscles, le regard tourné chaque jour vers une ligne blanche tracée au cœur d’une ville ou d’un sommet emblématique, les coureurs du Tour de France n’ont le temps de s’intéresser aux paysages. Exception hier après la côte qui a longé la Tranchée des Baïonnettes et le virage pour emprunter la route entre l’Ossuaire et la Nécropole. Plusieurs coureurs ont été surpris à tourner la tête à droite et à gauche et certains à montrer du doigt l’immensité des tombes alignées. Les spectateurs se sont inscrits dans la tonalité de ce passage exceptionnel par sa forme sur le champ de bataille de Verdun. Peu d’applaudissements. Place encore au silence avec cette fois le cliquetis des rayons et des roues des forçats de la route.

Préparé en amont pour que les images diffusées dans 180 pays soient les plus belles, le passage du Tour de France à Douaumont a fait aussi l’objet de la plus grande attention par la direction du Tour. En plus des messages de sensibilisations diffusés aux suiveurs, fait exceptionnel, Christian Prudhomme a quitté l’avant de la course pour déposer à 14 h 20 une gerbe en la mémoire des soldats français tombés pendant la bataille de Verdun. Malgré un timing très serré, la cérémonie, présidée par Kader Arif qui se trouvait dans la voiture du directeur du Tour, a été dans la tonalité de ce détour du Tour par Douaumont. Mots et traits des visages de Christian Prudhomme venu avec Bernard Hinault et Bernard Thévenet, les deux anciens vainqueurs français et accompagné des élus de la Meuse et de la préfète, témoignaient de l’intensité de ce rendez-vous et de la force d’un site. Ainsi, le Tour de France a vécu un moment hors du commun qui a relégué le sport au deuxième plan.

Sébastien GEORGES

Source : http://www.estrepublicain.fr/meuse/2014/07/12/rendez-vous-avec-l-histoire

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